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Mise à jour :

19 août 2003

 

Jacques Proulx

 

CONSEIL D’ADMINISTRATION

Figure populaire du milieu agricole québécois, Jacques Proulx est président de Solidarité rurale du Québec depuis 1991. Il s’est particulièrement fait connaître comme président général de l’Union des producteurs agricoles ( UPA ) de 1981 à 1993. M. Proulx a conduit des missions économiques et commerciales sur tout les continents entre 1986 et 1995. Impliqué dans sa communauté ( Saint-Camille ), il assume la présidence d’honneur du centre culturel Le P’tit Bonheur et y est propriétaire d’une entreprise agricole depuis 1960. Il a été chroniqueur à Radio-Canada à l’émission de radio CBF Bonjour de 1995 à 1996.

 

MESSAGE

DU PRÉSIDENT

MOT DE LA

DIRECTRICE GÉNÉRALE

TROPHÉE

CLAUDE-MASSON

FORUM INTERNATIONAL SUR LE BÉNÉVOLAT

LE BÉNÉVOLAT :

VISION D’AVENIR

ACTIVITÉS DE FINANCEMENT

CENTRE

COMMUNAUTAIRE

MAINTIEN À DOMICILE

MAISON

MÉMOIRE DU COEUR

 

Les bénévoles ne sont pas les substituts des fonctionnaires ou des élus.

 

Contribution du bénévolat dans le système politicosocial actuel

Mercredi 19 septembre, 13h30 – 15h30

 

Monsieur Proulx débute son entretien en mentionnant, comme l'ont d'ailleurs fait d'autres conférenciers, son désarroi face aux tragiques événements survenus aux États-Unis.

 

" L'heure est grave puisque le sang est à l'agenda " dit monsieur Proulx qui poursuit ainsi :

 

" Mon seul engagement est d'être, plus que jamais, un bénévole de la paix. Or, la paix est une bénédiction, une grâce qui se dissout sous le poids des misères quotidiennes, des erreurs historiques, des atrocités du terrorisme, des appels à la vengeance et des lois sauvages du marché. Alors, quand je parle des exclus de la prospérité, quand je parle des aveuglements de la concentration des biens, des personnes, de la richesse et des moyens de production, je parle de paix. "

 

Monsieur Proulx se décrit comme un militant, un libre-penseur, un leader qui mesure le poids de ses mots. Il choisit d'être un citoyen capable d'assurer ses responsabilités civiques en s'informant, questionnant et exigeant que nos leaders se collent à la volonté du peuple.

 

Il a cru longtemps que le bénévolat était un volet de la citoyenneté, prenant en compte le fait que nous vivons en société. Mais depuis qu'il a constaté que les bien-pensants au pouvoir croient que le développement rural passe d'abord par l'engagement bénévole, cette idée le fait frémir.

 

Les bénévoles ne sont pas les substituts des fonctionnaires ou des élus. Malgré leur travail réel, ils sont l'âme active de notre société et non ses bras.

 

Monsieur Proulx se déclare plus militant que bénévole. Il avoue croire plus dans la citoyenneté que dans la charité. Il y a dans le bénévolat, dit-il, une manière de résignation qui parfois l'exaspère. Le fond de la revendication est que, en tant que citoyen, chacun a le droit d'avoir accès aux grands services minimum qui sont en place. Là où le bénévolat l'exaspère davantage, c'est quand on en profite pour lui faire accomplir les choses essentielles et naturelles de notre société. Et à chaque fois que nous l'acceptons ou y participons, nous devenons des complices de ces inégalités. Le bien commun, c'est une question de politique, pas de charité.

 

Comment pourra-t-on se donner des structures souples, efficaces ? Tout cela va commencer à changer quand on pourra avoir un regard différent sur nous-mêmes, que l'on pourra nous projeter dans la vie, nous aimer, nous trouver beaux.

 

Le dynamisme existe dans plusieurs endroits au Québec

et il existe presque exclusivement par le bénévolat.

 

Il faut accepter d'investir dans la mobilisation des communautés. Ensuite, serons-nous en mesure de trouver les moyens et les outils quant à nos revendications, nos différences dans la société où nous vivons.

 

Il faut apprendre à varier les choses, les habitudes. Pour ce faire, il faut une volonté politique, il faut accepter d'investir, établir un leadership. Sans être d'accord avec les fusions municipales, monsieur Proulx donne comme exemple cette récente réalité, alors que les gouvernements se sont concertés, ont pris les moyens nécessaires et sont parvenus à leurs fins, lesquelles, à tort ou à raison, ont été atteintes par cette volonté gouvernementale.

 

Le bénévolat représente 12% du produit intérieur brut au Canada, soit plus que Hydro-Québec et les papetières réunies. Rien que cela devrait donner le courage de revendiquer adéquatement.

 

Le dynamisme existe dans plusieurs endroits au Québec et il existe presque exclusivement par le bénévolat. À titre d'exemple de la volonté et du dynamisme social, monsieur Proulx parle de sa petite communauté qui comprend 450 habitants et où l'on y compte 150 bénévoles. On continue d'y construire et développer des services communautaires. Il souligne que cela existe aussi ailleurs au Québec et il est nécessaire de le reconnaître et de le valoriser. C'est fondamental.

 

De la même façon dans l'espace rural, on devra acquérir, en plus d'une volonté politique, une volonté d'intervention, une capacité de moduler l'application des différences politiques, d'investir dans la mobilisation des communautés, de valoriser le bénévolat davantage que le font à l'heure actuelle les leaders locaux, et le reste viendra de surcroît. 

 

Il sera alors essentiel de se donner des lignes directrices, ne pas avoir peur de s'exprimer et, surtout, arrêter de poser des gestes irréfléchis, que ce soit au moment où l'on va voter ou au moment de prendre des décisions quand certains événements arrivent, afin de pouvoir se donner les outils et les moyens d'accomplir les changements fondamentaux. Nous serons ainsi en mesure d'acquérir une société plus juste et plus équitable.

 

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