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Mise à jour :

19 août 2003

 

Agnès Maltais

 

CONSEIL D’ADMINISTRATION

Agnès Maltais a été ministre déléguée à la Santé, aux Services sociaux et à la Protection de la Jeunesse ( Québec ) du 8 mars 2001 au 30 janvier 2002. Elle assume la présidence du Conseil de la culture de la région de Québec / Chaudière-Appalaches ( depuis 1994 ) et a été directrice du Théâtre de la Bordée ( 1996-1998 ). Mme Maltais a siégé comme présidente du conseil d'administration de la Régie de la santé et des services sociaux de Québec ( 1997-1998 ). Directrice artistique, auteure et metteure en scène des spectacles de la Fête nationale ( 1991 et 1995 ), elle a aussi été porte-parole du oui au référendum de 1995.

 

MESSAGE

DU PRÉSIDENT

MOT DE LA

DIRECTRICE GÉNÉRALE

TROPHÉE

CLAUDE-MASSON

FORUM INTERNATIONAL SUR LE BÉNÉVOLAT

LE BÉNÉVOLAT :

VISION D’AVENIR

ACTIVITÉS DE FINANCEMENT

CENTRE

COMMUNAUTAIRE

MAINTIEN À DOMICILE

MAISON

MÉMOIRE DU COEUR

 

Imaginons ce que serait une société où il n'y aurait pas

de bénévolat et que tout serait garanti par l'État.

 

Survie de la qualité des rapports sociaux : tradition / éducation / mécénat

Samedi 22 septembre, 10h – 12h

 

Madame Maltais commence par saluer et remercier tous les organisateurs qui lui ont permis d’être présente à ce forum. Nous avons, dit-elle, trop rarement l’occasion de saluer l’engagement volontaire de ceux et celles qui s’emploient à rendre meilleur ce monde dans lequel nous vivons.

 

Lorsque l’on est jeune, on aspire à changer le monde. Au fil du temps, on apprend à restreindre nos ambitions. Mais en étant bénévole, on continue à les conserver puisque l'on change la vie des gens, chacun à notre façon. Un forum comme le vôtre a l’occasion de nous rappeler cette contribution essentielle du bénévolat. Il nous pousse à y réfléchir plus avant.

 

On estime que plus du cinquième de la population québécoise contribue bénévolement au bien-être de la société. Le travail des bénévoles s’observe pratiquement dans tous les milieux. L’action volontaire s’oriente sans cesse vers de nouveaux champs d’intérêts et d’activités. De nombreux organismes bénévoles s’intéressent à des objectifs nouveaux et utilisent pour les atteindre des méthodes différentes, des méthodes traditionnelles.

 

Me Grey nous a mentionné divers aspects du bénévolat, soulignant surtout le mécénat. À mes yeux, il y a une différence fondamentale entre le bénévolat et le mécénat. Ce dernier est un don d’argent alors que le bénévolat est un don de soi. Lorsque l’on tend la main, c’est nous-mêmes que nous offrons. Dans les secteurs de la santé et des bénéfices sociaux, la contribution bénévole est probablement la plus déterminante. Pratiquement toutes les personnes aux prises avec des difficultés de toutes sortes bénéficient des formes diverses qu’emprunte l’engagement social des Québécois et des Québécoises. Dans le secteur de la santé, à l'unité des soins palliatifs, les citoyens bénévoles apportent une grande contribution à l’intérieur d’équipes multidisciplinaires pour assurer aux malades le maintien d’une certaine qualité de vie.

 

Comment ne pas nommer ceux qu’on appelle les aidants et aidantes naturels dans les familles et chez des proches. Souvent les femmes qui sont autour représentent la plus importante source d’aide auprès des personnes en perte d’autonomie et permettent dans bien des cas à l’un des leurs de continuer à vivre chez eux.

 

Partout des bénévoles sont présents et apportent leur aide à des alcooliques, à des toxicomanes, à des femmes victimes de violence, à des personnes handicapées ou à des jeunes en difficulté. Qu’on pense aux itinérants qui iront manger à la soupe populaire, aux personnes âgées qui vivent seules et qui, ce soir, recevront la visite d’une personne qui leur fera don d’un peu de temps en leur apportant leur repas.

 

Les bénévoles sont bien souvent l'âme des projets auxquels ils participent. Imaginons ce que serait une société où il n'y aurait pas de bénévolat et que tout serait garanti par l'État. Ce serait faisable mais nous aurions une société sans âme.

 

Je me souviens de la soirée hommage à Gilles Kègle nommé l’infirmier de la rue, qui œuvre au centre-ville de Québec. Il peut maintenant compter sur 40 personnes, toutes bénévoles, qui travaillent avec lui. Ce qu'il accomplit à Québec est considérable. Lors de cette soirée, M. Kègle nous a quittés pour aller rejoindre un de ses protégés qui avait eu des difficultés dans la journée. C’était sa soirée hommage et nous avons continué sans lui. Pour lui c’était le don de soi qui était le plus important car le bénévolat est un geste d'abnégation.

 

Si le bénévolat est tant répandu dans le domaine de la santé et des services sociaux, c’est que ses qualités correspondent particulièrement bien aux besoins qu'il y a lieu de satisfaire. Il touche les individus au moment de leur vie où ils sont le plus vulnérables. L’implication des bénévoles et leur présence font partie du processus de la guérison. C’est maintenant accepté, ça fait partie du discours médical. Les bénévoles sont d’irremplaçables alliés des intervenants médicaux et sociaux dont ils prolongent l’intervention.

 

Il y a 25 ans, une quarantaine d’organismes se partageaient moins d’un million de dollars en subventions du ministère de la Santé. Près de 3000 organismes communautaires ont reçu cette année des subventions totalisant 230 millions de dollars. On voit ici le bond que ce secteur a fait en 25 ans.

 

On dit que le bénévolat est aussi profitable aux personnes qui l’exercent qu'à celles à qui il est destiné. Le don de soi, c’est aussi celui de recevoir. La découverte de soi réclame que l’on s’implique dans diverses causes. Il est également essentiel à la santé des communautés en démocratie. Il contribue à la qualité de la citoyenneté. L’engagement social des individus est l'une des conditions du fonctionnement de la démocratie même. Il nous permet de souligner les problèmes et d’apporter des réponses appropriées au sein d’une communauté. Il ouvre la porte à la solidarité familiale, locale et communautaire.

 

Le bénévolat c’est aussi l’apprentissage de l’autre. Il empêche le repli psychologique sur soi-même. C’est accepter d’approcher, de toucher les autres. C’est aussi l’apprentissage de la tolérance, de vivre les uns par les autres. Le rôle de la dernière phalange de la main est de servir à la sensibilité, c'est elle qui sert à donner une dernière petite caresse. La dernière phalange de la main du service de santé et des services sociaux, ce sont les bénévoles, ce sont eux qui portent ce premier accueil parfois et aussi, très souvent, ce toucher du dernier moment.

 

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