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Mise à jour : 19 août 2003 |
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Frédéric
Lesemann
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Frédéric Lesemann, docteur en
sociologie, est professeur à l’Institut national de la recherche scientifique
( INRS ), Urbanisation, Culture et Société. Professeur titulaire de
politiques sociales à l’Université de Montréal pendant plus de vingt ans, il
y a dirigé le programme de doctorat interdisciplinaire en sciences humaines
appliquées. Il est également directeur de la revue internationale Lien
social et Politiques/RIAC. Il a aussi présidé pendant cinq ans le Comité aviseur
du programme fédéral de recherche sur le vieillissement ( Seniors
Independance Research Program ). Frédéric Lesemann a obtenu le prix
d’excellence en enseignement de la Faculté des arts et des sciences de
l’Université de Montréal en 1992.
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La plupart des composantes du
bien-être global sont produites par 2, 3 ou 4
secteurs. Un mentorat pour la gratuité :
possibilité ou utopie ? Mercredi 19
septembre, 9h – 12h Sous le titre " Un mentorat pour
la gratuité : possibilité ou utopie ? ", M. Lesemann traitera du thème
" Le bénévolat, un héritage fragile ". Il pose d'abord deux questions. · La gratuité dans
une société que l'on dit gouvernée par le marché est-elle possible ? Est-ce
compatible ? · Cette pratique
héritée du passé, donc ancienne, archaïque, est-elle fragilisée dans le
contexte de la société de marché ? Est-elle passée de mode ? Il répond oui à
la première et non à la deuxième. · Oui : plus il y
a de marché, plus il y a de bénévolat. Nous ne sommes pas dans une société
gouvernée seulement par le marché. C'est beaucoup plus complexe que cela. Et à
trop simplifier les choses du monde, on n'en voit plus les possibilités ni
les ouvertures. · Non : là encore,
plus il y a de marché, plus il y a de bénévolat et il existe des formes très
modernes de cette gratuité sociale. Les résultats
d'une enquête de Statistique Canada commencée en 1997 démontrent trois points
pouvant aider notre discussion. ¨ Les formes de
bénévolat varient considérablement suivant les différentes étapes de la vie
des gens. Cette notion réfère à l'idée des cycles de la vie : enfance, accès
à l'éducation, au travail, le mariage, les enfants, la retraite, etc. ¨ On identifie
trois grands groupes actifs en bénévolat, soit : 1)
35 à 54 ans, les personnes dans la vie active qui
participent à la vie communautaire, mariées, avec enfants de plus de 6 ans.
Elles comptent pour plus de 40% de cette population. Leur bénévolat se
traduit par l'accompagnement des enfants à la garderie, aux sports, etc.
C'est la catégorie où le bénévolat est le plus pratiqué ; 2)
15 à 24 ans, les étudiants, non mariés, ou mariés sans
enfant. Ils comptent 35% de bénévoles dans leurs rangs ; 3)
55 à 64 ans, ils fournissent 30% de bénévoles, tandis que
les 65 ans et plus en comptent 26-27%. ¨ Il y a plusieurs
types de bénévolat, selon l'âge et la disponibilité. On a constaté que plus on
participe, plus on participera mais que ce sont toujours les mêmes personnes
qui s'y adonnent. Le recrutement et la rencontre de
bénévoles se fait par la sollicitation, le face-à-face et non par les journaux
ou les annonces. Par cette action, il se crée des relations étroites entre
les personnes bénévoles de différents rangs sociaux. C'est en fonction des cycles de vie que
l'on peut comprendre les divers types de bénévolat. À l'aide de schémas, monsieur Lesemann
démontre que le bénévolat contribue au bien-être de la société. Nous sommes
dans une société qui tente de produire un certain bien-être, lequel est une
réponse à des besoins. Il y a quatre grands secteurs de provenance pour la
production de bien-être. · Le premier c'est
l’État dans lequel nous sommes désignés au titre de citoyens ou
d'usagers. Il implante des programmes sociaux, des programmes de santé,
programmes sur la garantie du revenu, sur l'éducation, le transport. Il
fonctionne sur le principe d'universalité, il pourvoit à l'égalité de
traitements, s'occupe de l'appareil juridique, la protection des citoyens.
L'intervention de l'État dans nos pays nous procure la sécurité. · Le deuxième
secteur est celui du marché où nous sommes désignés comme clients. Pour
vivre, on a recours sans arrêt à des biens achetés afin de se nourrir, se
loger, se déplacer. Bref, c'est le secteur de l'échange monétaire contre les
produits de bien-être. · Le troisième est
la communauté ou l'association où nous sommes reconnus comme membres
ou affiliés et qui fonctionne via la solidarité et le partage d'intérêts
communs. C'est en principe l'idée du regroupement d'intérêts qui permet de se
rejoindre en termes d'amitié, de soutien, groupes corporatifs, groupes
d'entraide, etc. · Le quatrième
secteur est la famille où se pratiquent l'amour, l'affection ( parfois la
haine malheureusement ). C'est dans la famille que l'on retrouve cette espèce
de relation inconditionnelle. Historiquement, la famille a été la source
principale de bien-être. La famille offre une série de services, contribution
essentielle au fonctionnement de la vie en société. Chaque secteur a sa logique propre. Il
ne faudrait pas demander à un des acteurs de remplir la fonction d'un autre.
Chacun a sa contribution spécifique pour le bien-être global, selon des
statuts et des secteurs de légitimité différents. C'est du mélange et de
l'équilibre de ces quatre producteurs que naît le bien-être global permettant
d'atteindre le bien-être maximum. On dit qu'aujourd'hui au Québec il y a
environ 5000 groupes communautaires actifs dûment organisés. Et ce nombre n'a
cessé d'augmenter au cours des 15 dernières années. Le bénévolat est donc
extrêmement vivant au Québec. Certains vont compléter le rôle que la famille
est appelée à jouer car beaucoup de ces regroupements de bénévolat procurent
des services qui viennent en aide aux familles, au sens large du terme. La plupart des composantes du bien-être
global sont produites par 2, 3 ou 4 secteurs. Aucun n'est totalement dominant
et c'est parce qu'il y a complémentarité que ça marche. Chacune des sources
est donc nécessaire. Monsieur Lesemann conclut en affirmant
que le bénévolat se situe comme un des grands producteurs du bien-être de la
société. Il fait partie fondamentalement de cette sphère non marchande dont
on a absolument besoin pour vivre, au même titre que la famille et les biens
sociaux. Le bénévolat joue un rôle fondamental dans la production d'une
société qu'on appelle civile, une société de qualité où les relations
humaines fonctionnent et où un certain niveau de sécurité existe. C'est de ce
qui relève de la sphère des rapports familiaux, des rapports du bénévolat et
de l'entraide que l'on va mesurer la qualité pratique, au jour le jour, de la
vie dont on pourra bénéficier au plan de la production du bien-être. |
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