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Mise à jour :

19 août 2003

 

Julius Grey

 

CONSEIL D’ADMINISTRATION

Julius Grey est partenaire sénior chez Grey Casgrain et professeur associé à l’Université McGill ( droit ). Il fait partie du Barreau du Québec et de l’association du Barreau canadien depuis 1974. Il s’implique dans de nombreuses associations depuis 1976, comme la Fondation canadienne des droits de la personne dont il a été président de 1985 à 1988. Il est professeur de droit à l’Université McGill depuis 1979. Me Grey est bien connu au Québec pour des présences fréquentes à la télévision, à la radio, dans les journaux et revues pour aborder des sujets d’actualité à teneur légale. En plus de nombreux articles, notes et commentaires, il a publié Immigration Law in Canada ( Toronto, Butterworths, 1984 ).

MESSAGE

DU PRÉSIDENT

MOT DE LA

DIRECTRICE GÉNÉRALE

TROPHÉE

CLAUDE-MASSON

FORUM INTERNATIONAL SUR LE BÉNÉVOLAT

LE BÉNÉVOLAT :

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CENTRE

COMMUNAUTAIRE

MAINTIEN À DOMICILE

MAISON

MÉMOIRE DU COEUR

 

Dans une démocratie raisonnable, il ne faut pas que le bénévolat

prenne la part légitime, importante et essentielle de l'État.

 

Survie de la qualité des rapports sociaux : tradition / éducation / mécénat

Samedi 22 septembre, 10h – 12h

 

Constatant la présence d'un grand nombre de bénévoles dans la salle, Me Grey en conclut que c’est la preuve que le bénévolat est toujours actif !

 

Au départ, il mentionne la différence qui existait entre les traditions francophones et les traditions anglophones au niveau du bénévolat au Québec. Me Grey souligne qu'au XIXe siècle, la communauté francophone éprouvait un certain niveau de pauvreté et ne possédait pas la richesse des anglophones.  On ne pouvait donc pas donner l’argent que l’on n'avait pas. De plus, il existait deux grandes institutions chez les francophones : il y avait d'abord l’Église et ensuite l'État. Par contre, il n'y avait pas d'Église unie chez les anglophones : on y retrouvait plutôt des Églises fracturées entre les différentes Églises protestantes.

 

Dans une démocratie raisonnable, il ne faut pas que le bénévolat prenne la part légitime, importante et essentielle de l'État. C’est lui qui donne la dignité à chacun d’entre nous. Le bénévolat ne peut pas accomplir tout ça. Il a, d'autre part, un rôle indispensable près de, et surtout dans l’État afin d'assurer cette vision moderne de la dignité et d’une valeur de justice dans une société individuelle et libre.  Le rôle de l'État est de maintenir un système médical libéral, universel, étatique. Il doit également maintenir un système d’éducation gratuit, public et entier. L’éducation privée ouvre la porte à l’inégalité, contrôlée et régie par un groupe non élu, non responsable devant la société.

 

L'État doit demeurer un élément actif dans la vie culturelle. Il doit subventionner les théâtres, la musique et les beaux-arts pour la protection d’une culture comme celle que nous avons ici. Aucune décentralisation de ses pouvoirs ne peut garantir la survie d’une culture minoritaire dans le contexte nord-américain, ni l’égalité et l’accessibilité de cette culture à tout le monde. Les trois éléments qui doivent rester étatiques en grande partie sont : la médecine, l’éducation et la culture. Sans elles, nous aurons une société profondément injuste.

 

C’est dans cette condition de justice sociale que le bénévolat joue un rôle important. Il subsiste un certain danger dans l’étatisation : les gens perdent le sens des valeurs profondes, de la moralité individuelle. Je pense que le bénévolat permet à chacun, aux enfants, aux jeunes, de garder contact avec nos vérités, notamment la maladie, la mort et l’injustice. S'ils ne peuvent pas constater ces réalités, ils ne seront pas aussi humains.

 

Je pense également qu’il y a ce rôle primordial dans l’éducation de nos jeunes, de la préservation des notions de pardon et de bonté, de toutes ces valeurs d'humanité et de solidarité qu’on apprend dans les livres religieux quand on est jeune et qu’on oublie ensuite dans la pratique quotidienne de la vie.

 

La solution que je propose, c’est de maintenir le rôle de l'État démocratique, même dans un monde de marché, mais il faut insister sur la justice sociale, travailler à ce que la dignité de chacun soit préservée, simplement du fait que cela nous revient comme citoyen et que chacun a droit à ces éléments de base, de façon égalitaire. 

 

En même temps, on se doit de maintenir le réseau de bénévolat afin d'être certain que nos enfants comprennent les difficultés et l’importance des confrontations auxquelles ils ont à faire face ; qu’ils comprennent enfin l’importance du pardon, de l’indépendance de la pensée et qu'ils puissent ainsi pallier aux autres abus possibles de l'État.

 

Je terminerai par un plaidoyer personnel, puisque certains ministres sont présents ici aujourd'hui.   J'estime que l’accessibilité à la justice fait partie de ce système qui prône l’aide de l’État, non pas pour remplacer le bénévolat de ceux qui veulent contribuer, mais afin de garantir la dignité de ceux et celles qui doivent y recourir. Il faut s’assurer que nos cours de justice soient disponibles à tous les Québécois et Québécoises, et non seulement à ceux qui peuvent débourser 20, 30 ou 40 mille dollars pour y accéder. Je crois que l'on peut faire cette réconciliation.

 

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