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MISSION
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HISTORIQUE
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LIENS
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Mise à jour : 19 août 2003 |
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Jacques Gaillot
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Jacques
Gaillot est nommé évêque d'Evreux en
1982. Il apporte son appui public à un jeune objecteur de conscience et vote
contre le texte de l'épiscopat sur la dissuasion nucléaire en 1983. En 1989,
il participe à un voyage en Polynésie française organisé par le Mouvement de
la paix pour demander l'arrêt des essais nucléaires français et participe à
la cérémonie du transfert des cendres de l'abbé Grégoire au Panthéon en 1989.
Il est le seul évêque français à faire ce geste. Il dit son opposition à la
guerre du Golfe en faisant paraître un livre en 1991. Jacques Gaillot est
convoqué à Rome en 1995. Le couperet tombe. Il devient évêque de Partenia. En
mai 2000, après cinq années de mise à l'écart, les évêques de France
reconnaissent son travail. |
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La joie est toujours dans le don
et dans l'ouverture. Sans joie, il n'est pas possible
d'aimer. Société en changement : besoins
et risques d’aujourd’hui Vendredi 21
septembre, 13h30 – 15h30 Mgr Gaillot débute sa
conférence en soulignant qu'il a connu, au cours des années, un grand nombre
de bénévoles et ce qui l'a toujours intéressé, c'est de savoir ce qu'ils
devenaient. Il propose un questionnement que chaque
bénévole pourrait se poser pour trouver ce qu'il devient au fil des ans.
Qu'est-ce qu'il a donné ? Qu'est-ce qu'il a reçu des autres ? Qu'est-ce qu'il a réalisé ? Il soumet en
conséquence cinq réflexions afin de pouvoir vérifier ce qu'il en est de notre
vie de bénévole. Première réflexion : l'engagement d'un
bénévole vient de… et engage plus que… Un bénévole fait le choix de
travailler dans telle organisation, auprès de gens qui sont en difficulté.
C'est une décision, un choix. On donne du temps utile, pour quelque chose
d'utile. Donner son temps, c'est la même chose que donner sa vie. Prenons
comme exemple les parents qui donnent du temps à leurs enfants : c'est leur
manière de les aimer et de donner leur vie pour eux, gratuitement,
bénévolement. Mgr Gaillot raconte qu'un
jour il observait une femme qui parlait à un jeune marginal aux cheveux
décolorés, avec des anneaux dans le nez et les sourcils. Les deux personnes
discutaient avec le sourire. Il fit
la remarque à la dame qu'il admirait sa façon d'échanger avec ce jeune homme.
Elle lui répondit qu'il lui était facile de communiquer ainsi parce qu'elle
aimait les jeunes et qu'ils faisaient partie de sa vie. Deuxième réflexion : c'est un
engagement qui change la vie. La joie est toujours dans le don et dans
l'ouverture. Sans joie, il n'est pas possible d'aimer. La disparition de la
joie indique toujours un manque d'amour. Mgr Gaillot nous raconte
le cheminement de Luis, un jeune espagnol qui, revenant de faire du bénévolat
en Bolivie, lui écrivait qu'il avait perdu la foi car, disait-il, " si
Dieu existait, on ne verrait pas de telles difficultés et de telles misères
". Ce à quoi Mgr Gaillot répondit que s'il avait cette
réaction c'est parce qu'il venait de connaître un événement qui l'appelait à
renaître et que renaître est plus difficile que naître ! " Quand la vie est dure,
disent-ils, il faut se réjouir, si on ne se réjouit pas, on ne
tiendra pas. " Troisième réflexion : l'engagement du
bénévole c'est un engagement qui rend plus humain et c'est un point
important. Un bénévole déclarait que les marginaux lui avaient appris à être
vrai. Avec eux, on ne peut pas tricher. Un de ces jeunes affirmait que les
pauvres lui avaient appris qu'eux ne peuvent pas faire de projets. Ils n'ont
pas de travail, pas d'argent et l'avenir est fermé pour eux. Tout ce qui leur
reste c'est de vivre aujourd'hui, vivre le moment présent. Une femme qui faisait du bénévolat dans
un hôpital psychiatrique racontait que les malades eux-mêmes lui avaient vite
fait comprendre qu'il fallait qu'elle se mette à leur niveau pour qu'elle
puisse s'asseoir à leur table. Il doit y avoir une égalité fondamentale. Ils
lui ont appris la fraternité. Lors d'une visite dans un foyer pour
personnes handicapées, Mgr Gaillot avait été très troublé en voyant les
visages défaits et les corps décharnés des résidents. Constatant son émotion,
la préposée au service du foyer lui a dit : " Vous savez, moi, je les
aime tellement que je les trouve beaux ! " Quand on aime quelqu'un, on lui révèle la beauté qu'il a, la
beauté qu'il porte. Quand on est bénévole, cela vous donne un cœur de chair
et non pas un cœur sec, intolérant et dur, un cœur qui a de la compassion et
de l'humanité. Quatrième réflexion : c'est un
engagement qui ne se fait pas sans difficultés, sans épreuves, sans
découragements ou sans déceptions. Les marginaux ne sont pas des saints.
" On a souvent à s'occuper de prisonniers : ils entrent en prison, ils
en sortent, on leur trouve un logement, du travail, puis il arrive
fréquemment qu'ils retournent en prison. C'est parfois décourageant "
souligne Mgr Gaillot. Il y a aussi les difficultés par
rapport aux autres bénévoles. On y retrouve des gens qui luttent, des gens
qui tentent de vous écarter pour prendre le pouvoir : des bénévoles de
seconde zone. Il faut savoir dépasser ces difficultés et ce n'est pas simple.
Devant de tels obstacles, qu'est-ce que je deviens ? C'est souvent
l'affrontement qui nous le révèle. Les gens qui ne se battent jamais et ne
connaissent pas les tempêtes, qui sont-ils ? Il faut se méfier des vies où il
ne se passe rien. On doit se poser les questions : à quoi ai-je été confronté
? L'ai-je affronté correctement ? Dernière réflexion : c'est un
engagement qui apprend le sens de la fête. Les pauvres, les sans-papier se
partagent ce qu'ils ont et, pour la moindre occasion, pour le simple fait
d'être ensemble, avec leurs moyens à eux, ils font souvent et facilement la
fête. " Quand la vie est dure, disent-ils, il faut se réjouir, si on ne
se réjouit pas, on ne tiendra pas. " Il y a des bénévoles qui ne savent pas
se réjouir mais il faut prendre le temps et trouver des occasions pour le
faire. Il ne faut pas que cela soit artificiel et l'on peut se réjouir avec
peu de choses. Il est intéressant de garder comme
réflexions que ce n'est pas ce que je fais qui compte mais qu'est-ce que les
autres m'apportent ? Qu'est-ce que je deviens ? Est-ce que l'humanité a
grandi ? Si je suis croyant, ma foi s'est-elle approfondie ? Est-ce que je
découvre qui je suis ? Est-ce que les richesses que je porte en moi se sont
accentuées ? Ce sont toutes des questions qu'il est
important de se demander. |
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